De Cape et de crocs, d'Ayroles et Masbou

Publié le par Fanny

Maupertuis ose et rit !

 

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Présentation éditeur : « Le rideau se lève sur la Venise du Grand Siècle, la cité des saltimbanques et des spadassins, où le verbe est une arme et l’escrime est un art.

Dans ces deux domaines, Armand Raynal de Maupertuis et Don Lope de Villalobos y Sangrin sont passés maîtres. Le premier est gascon, fine lame, poète, hâbleur, rusé ; c’est un renard. Le second est andalou, bretteur redoutable, hidalgo ombrageux, féroce parfois ; c’est un loup. Ces deux gentilshommes en quête de gloire et de fortune vont embarquer pour une chasse au trésor qui les mènera de geôles en galères, d’abordages en duels, jusqu’aux confins des mondes. Récit d’aventure ? Fable ? Farce ? Romance ?

Il y a de tout cela dans De Cape et de Crocs, fresque bondissante, épique et cocasse qui renouvelle avec brio un genre jusqu’ici peu traité en bande dessinée : la comédie de cape et d’épée. »
(9 tomes sortis à ce jour.)

 

Je poursuis dans mes coups de cœur en mettant en avant ce qui est à mon avis l’une des meilleures, si ce n’est la meilleure, BD que j’ai pu découvrir jusqu’à présent. L’une des seules qui m’aient vraiment fait rire aux éclats.

 

Armand, le renard français, et Don Lope, le loup espagnol, sont deux amis fins bretteurs prêts à saisir leur chance de partir à l’aventure et de s’enrichir. Partis en quête du fabuleux trésor des îles tangerines, leur chemin prendra bien sûr nombre détours… Ils seront rejoints par d’autres comparses, parmi lesquels on peut notamment citer Eusèbe, mignon petit lapin un peu naïf de son état, néanmoins bien mystérieux, mais également le Raïs Kader, un fier janissaire ottoman, ou encore Hermine (brune gitane au tempérament de feu) et Sélène (blonde et douce héritière), deux demoiselles qui feront tourner les têtes de nos héros…

 

Cette série hommage aux récits de cape et d’épée est truffée de références en tous genres : au théâtre de Molière, aux fables de la Fontaine, à la Comediadell’arte, à Alexandre Dumas ou Edmond Rostand, aux romans de piraterie, aux théories scientifiques de la Renaissance…

Au plaisir de l’intrigue s’ajoute donc celui lié à ces multiples références et clins d’œil, que l’on ne découvre parfois au détour d’une bulle ou d’un dessin qu’à la relecture (voire re-relecture, etc.) de chaque tome.

 

Les dessins, aux couleurs vives, permettent l’immersion totale dans les aventures de nos compagnons. Les personnages sont très expressifs, qu’ils soient animaux ou humains (tous n’étant pas animalisés, contrairement à Blacksad, autre excellente BD au passage, par exemple).

 

L’intrigue en elle-même souffre peut-être d’une légère baisse de rythme autour des tomes 6 et 7, mais c’est pour mieux reprendre par la suite… Impossible ici en tout cas de ne pas admirer le travail effectué sur le texte, véritable exercice de style parfois, puisque le verbe se révèle une arme à affûter tout autant qu’une épée. Armand notamment y excelle, et se révèle un redoutable adversaire lors de duels d’Alexandrins.

 

Il y aurait encore tant et tant à dire sur cette BD drôle, captivante, intelligente, jolie, mais je vais finir par manquer de superlatifs alors pour ceux qui ne connaîtraient pas encore ce petit bijou, je vous incite vivement à vous plonger dans la lecture !

 

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Nalesk 17/08/2011 10:48


"La fantasy tire beaucoup des récits mythologiques également je pense, je rajouterai l'Illiade, l'Odyssée, le Nibelungen et bien d'autres dans les pièces à conviction ;) "

Ajoute aussi la Bible !

Si on regarde la construction des mythes, qui sont les fondations des religions et civilisations, les histoires que nous écrivons aujourd'hui n'en diffèrent pas beaucoup.
(http://tvtropes.org/pmwiki/pmwiki.php/Main/OlderThanDirt - attention, ce lien peut détruire ta vie.)

Le voyage initiatique ? On le retrouve dans la traversée du désert de Moïse et dans l'Odyssée.
La personnification anthropomorphique ? Bonjours les dieux de l'Olympe, d'Asgard et des pyramides.

Le concept que nous appelons "Humanité", nous le construisons, le raffinons et le définissons depuis que nous racontons des histoires et depuis que l'on raconte des histoires, l'on raconte de la
fantasy. Le genre littéraire inhérent à l'être humain ; tout le reste n'est que variation.


Nelly 16/08/2011 20:29


Tu m'as donné envie de les relire !


Fanny 16/08/2011 20:53



Tant mieux, elles sont à consommer sans modération ces BD :)



Nalesk 16/08/2011 19:00


Bah, je ne l'ai pas lu non plus... Enfin pas grand chose de plus que ce que j'ai lu à l'école.
C'est d'ailleurs dommage : à mon avis, le Roman de Renart, sur le plan de l'histoire de la littérature, possède autant d'importance que l'œuvre de Rabelais ou le cycle arthurien.

Ce sont les premiers romans, dans l'acception que nous en avons actuellement... Et, toujours à mon avis, ce sont autant de pièces à conviction comme quoi la fantasy est le genre littéraire humain
par excellence.


Fanny 16/08/2011 19:55



Rabelais je ne connais pas non plus, honte à moi ! (Dire que j'associe Gargantua à son ancienne statue à Mirapolis, tout un symbole de mon enfance...)  Le mythe arthurien un peu plus !


La fantasy tire beaucoup des récits mythologiques également je pense, je rajouterai l'Illiade, l'Odyssée, le Nibelungen et bien d'autres dans les pièces à conviction ;)



Nalesk 16/08/2011 18:43


Je crains que tu n'oublies une référence majeure...


Le Roman de Renart !


Fanny 16/08/2011 18:53



Oui effectivement ! Je n'y ai pas pensé car je ne l'ai jamais lu je pense ;)